Toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA doivent être capables de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée à partir du 1er septembre 2026. L'obligation d'émettre des factures électroniques et de transmettre les données d'e-reporting s'applique aux PME, TPE et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027. Les grandes entreprises et les ETI émettent, elles, dès le 1er septembre 2026.

La question n'est pas de savoir si votre PME est concernée, mais à quelle date et pour quelle obligation. Recevoir et émettre ne suivent pas le même calendrier : la réception s'impose à toutes les entreprises assujetties à la TVA au 1er septembre 2026, l'émission attend le 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.

Le cadre juridique repose sur l'article 91 de la loi de finances 2024 et le décret n°2024-266 du 25 mars 2024. Un amendement visant à reporter le calendrier a été rejeté le 11 avril 2025, et les échéances de septembre 2026 et septembre 2027 sont confirmées.

Cet article détaille qui est concerné, ce qu'il faut avoir en place pour la première échéance, le rôle des plateformes agréées, les nouvelles mentions à porter sur vos factures, l'obligation d'e-reporting et le barème des sanctions relevé dans les sources publiques et professionnelles.

  • Toute entreprise assujettie à la TVA en France doit pouvoir recevoir une facture électronique via une plateforme agréée au 1er septembre 2026.
  • PME, TPE, indépendants et micro-entreprises émettent des factures électroniques et transmettent leurs données d'e-reporting à partir du 1er septembre 2027.
  • Grandes entreprises et ETI émettent dès le 1er septembre 2026 : vos clients et fournisseurs de grande taille basculeront un an avant vous.
  • Le Portail public de facturation n'assure plus l'échange de factures : le raccordement à une plateforme agréée est obligatoire.
  • Trois formats sont admis : Factur-X, UBL et CII. Le PDF envoyé par e-mail ne restera pas valable indéfiniment.
  • Les amendes relevées vont de 15 € à 50 € par facture et 500 € par transmission d'e-reporting manquante, dans la limite de 15 000 € par année civile.

Qui est concerné et à partir de quelle date ?

Le champ d'application est large. Toutes les transactions entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA entrent dans le dispositif, y compris celles réalisées par les entreprises en franchise en base, auto-entrepreneurs et micro-entreprises compris.

Première échéance : le 1er septembre 2026. À cette date, toute entreprise assujettie à la TVA doit être en mesure de recevoir une facture électronique via une plateforme agréée. Cela vaut aussi pour les micro-entreprises.

Seconde échéance : le 1er septembre 2027. L'émission de factures électroniques devient obligatoire pour les PME, TPE, indépendants, micro-entreprises et auto-entrepreneurs.

Les grandes entreprises et les ETI, elles, émettent des factures électroniques et transmettent leurs données d'e-reporting dès le 1er septembre 2026. Vos gros donneurs d'ordre basculent donc un an avant vous : votre boîte mail cessera de recevoir leurs PDF bien avant votre propre échéance.

  • 1er septembre 2026 : réception obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA.
  • 1er septembre 2026 : émission et transmission des données pour les grandes entreprises et les ETI.
  • 1er septembre 2027 : émission et e-reporting pour les PME, TPE et micro-entreprises.
  • Repères de taille utilisés par les sources : micro-entreprise jusqu'à 10 salariés, PME jusqu'à 250 salariés, grande entreprise à partir de 5 000 salariés.
  • Outre-mer : la Guadeloupe, la Martinique et La Réunion sont concernées ; la Guyane, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises ne le sont pas.

Que devez-vous avoir en place pour la première échéance ?

Recevoir une facture électronique ne se fait pas par e-mail. Vous devez choisir une plateforme agréée par l'État et vous y raccorder : c'est elle qui reçoit, contrôle et met à disposition vos factures fournisseurs.

Deux tâches s'ajoutent, et elles deviennent quotidiennes. Vos coordonnées doivent figurer dans l'annuaire national de facturation, faute de quoi vos fournisseurs ne sauront pas où adresser leurs factures. Vous devez également mettre à jour le statut de chaque facture reçue.

Ne comptez pas sur le Portail public de facturation comme solution de repli. L'État a abandonné son offre d'échange de factures en octobre 2024 : le portail public n'est pas une alternative à une plateforme agréée.

Le retard est massif côté entreprises : 29 % des TPE-PME se disent prêtes, et 2,7 % des entreprises seulement figurent dans l'annuaire de la DGFiP selon les relevés d'août 2026. Être raccordé tôt vous évite la file d'attente de la rentrée.

  • Sélectionner une plateforme agréée et y raccorder votre logiciel de facturation.
  • Faire figurer votre entreprise dans l'annuaire national de facturation.
  • Prévoir qui, dans l'entreprise, met à jour le statut de chaque facture reçue.
  • Compter environ 3 mois de délai d'intégration recommandé pour une plateforme.

Plateforme agréée ou solution compatible : quelle différence pour vous ?

Deux labels coexistent. « Plateforme agréée - Facturation électronique » désigne les plateformes immatriculées par la DGFiP. « Solution compatible - Facturation électronique » désigne les logiciels qui produisent des factures ou des données conformes.

La distinction a une conséquence directe. Une solution compatible ne peut pas transmettre elle-même vos factures à l'administration ni agir comme intermédiaire officiel : elle doit obligatoirement être raccordée à une plateforme agréée. Si votre logiciel actuel porte ce label, il vous manque encore un maillon.

Une plateforme agréée émet, transmet et reçoit les factures au format électronique, en extrait les données utiles à l'administration et, le cas échéant, réceptionne et transmet les données de transaction et de paiement. Les exigences pour obtenir ce statut sont fixées par le décret n° 2024-497 du 30 mai 2024, et les PDP ont été renommées plateformes agréées en juillet 2025.

Le marché s'est étoffé : 101 plateformes étaient immatriculées en janvier 2026, 145 en août 2026. Les décomptes varient selon les sources, mais le choix ne manque pas.

  • Tarifs relevés au 27 août 2026 : des offres affichées de 0 € à 50 €, et de 10 € à 30 € pour les offres plus complètes.
  • Certaines solutions de facturation électronique sont proposées à 0 €.
  • Portabilité des données garantie 12 mois en cas de changement de plateforme : vérifiez ce point avant de signer.
  • Archivage : 10 ans pour les factures conservées par une plateforme de dématérialisation comme par le portail public.

Ce qui change concrètement sur vos factures

Une facture électronique conforme n'est pas un PDF scanné. Trois formats structurés sont admis : Factur-X, UBL et CII. Factur-X reste lisible à l'œil tout en embarquant les données exploitables par les machines.

Le contenu évolue aussi : 4 nouvelles mentions obligatoires s'ajoutent, portant à 24 le nombre total de mentions attendues sur une facture électronique. Vos modèles de factures doivent donc être repris, pas seulement votre canal d'envoi.

Ces nouvelles mentions s'imposent au 1er septembre 2026 aux grandes entreprises et ETI, et au 1er septembre 2027 aux PME et micro-entreprises.

Sur la fin du PDF, les sources divergent et il faut le savoir : une source considère les PDF envoyés par e-mail non conformes en B2B dès septembre 2026, une autre fixe au 31 août 2027 la date limite d'envoi de PDF pour les PME, TPE et micro-entreprises, une troisième retient le 2 septembre 2027 comme fin d'acceptation du papier et du PDF.

  • Nouvelle mention : le numéro SIREN du client.
  • Nouvelle mention : l'adresse de livraison si elle diffère du lieu de facturation.
  • Nouvelle mention : la nature de l'opération (vente de biens, prestation de services, mixte).
  • Nouvelle mention : l'option pour le paiement de la TVA sur les débits, si l'entreprise y a opté.
  • Délai recommandé pour l'émission d'une facture électronique : 72 heures.

E-reporting : la seconde obligation que beaucoup oublient

L'e-reporting consiste à transmettre à l'administration fiscale les données de vos transactions B2C et internationales. Il ne remplace pas la facture électronique : il la complète pour les opérations qui n'y sont pas soumises.

Son calendrier est calqué sur celui de la facturation électronique. Pour les PME, l'échéance tombe donc au 1er septembre 2027, en même temps que l'obligation d'émission.

Si vous vendez à des particuliers, cela vous vise directement : des données de transaction pour les ventes aux particuliers pourront devoir être transmises à partir du 1er septembre 2027 pour les micro-entreprises. Un commerçant ou un artisan qui facture surtout des ménages est concerné par l'e-reporting même s'il émet peu de factures entre entreprises.

Les transactions impliquant une TVA étrangère sont exclues du dispositif de facturation électronique. Vos flux hors champ doivent être identifiés en amont, sinon votre paramétrage produira des rejets.

Combien coûte le non-respect de l'obligation ?

Les montants relevés varient selon les sources et il faut lire ce point avec prudence. Certaines retiennent 15 € par facture non conforme et 250 € par transmission d'e-reporting manquante.

D'autres publications retiennent 50 € par facture non émise au format électronique et 500 € par transmission d'e-reporting manquante. Dans les deux lectures, le mécanisme est identique : la sanction se compte à l'unité et grossit avec le volume.

Le plafond, lui, fait consensus : 15 000 € par année civile pour le défaut d'émission électronique, et 15 000 € par année civile pour le défaut de transmission des données d'e-reporting.

Ne pas disposer de plateforme agréée pour la réception coûte 500 €, puis 1 000 € supplémentaires si la situation persiste au-delà de 3 mois. Une première infraction peut être réparée dans un délai de 30 jours sans sanction.

  • Absence de plateforme agréée de réception : 500 € au départ, puis 1 000 € par période de 3 mois.

Micro-entreprise et franchise en base : êtes-vous exclu de la réforme ?

Non. Un auto-entrepreneur en franchise en base de TVA est concerné par la réforme, en réception comme en émission, selon le calendrier applicable aux micro-entreprises.

Le premier rendez-vous est identique à celui des autres entreprises. Dès le 1er septembre 2026, les auto-entrepreneurs doivent pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L'émission de factures électroniques pour les opérations B2B concernées devient obligatoire au 1er septembre 2027.

La mention d'exonération reste attendue sur vos documents : la formulation recommandée pour la non-application de la TVA est « TVA non applicable, article 293 B du CGI » jusqu'au 31.12.26.

Si vous travaillez avec des administrations, rien ne change de ce côté : Chorus Pro reste la plateforme de référence pour les factures destinées au secteur public.

Le calendrier peut-il encore être repoussé ?

L'historique invite à la prudence, mais pas à l'attentisme. Le calendrier de la réforme a été reporté 3 fois depuis 2020, ce qui explique le scepticisme de beaucoup de dirigeants.

Le signal actuel est différent. Un amendement de report a été rejeté le 11 avril 2025 et les dates du 1er septembre 2026 et du 1er septembre 2027 sont confirmées.

Le socle juridique est en place : article 91 de la loi de finances 2024, décret n°2024-266 du 25 mars 2024, et décret du 16 mai 2023 précisant les conditions d'émission, d'apposition du cachet et de stockage des factures électroniques.

Même en cas d'ajustement futur, la première marche reste la même : être raccordé pour recevoir. Un report éventuel de l'émission ne supprimerait pas le fait que vos fournisseurs de grande taille émettent, eux, dès le 1er septembre 2026.

Par où commencer si vous n'avez rien fait ?

Commencez par la réception, c'est l'échéance la plus proche et la moins coûteuse à couvrir. Prévoyez environ 3 mois de délai d'intégration recommandé entre la signature et le fonctionnement réel de la plateforme.

Traitez ensuite l'archivage. La conservation des documents sur support informatique est fixée à 6 ans, tandis que l'archivage probant des factures électroniques est de 10 ans. Vérifiez ce que votre plateforme couvre réellement dans son abonnement.

Le volume d'entreprises qui bascule donne une idée de l'embouteillage à venir : 300 000 entreprises sont concernées par l'émission au 1er septembre 2026, et 140 000 PME le seront au 1er septembre 2027 selon les relevés disponibles.

En cas de doute sur votre situation, une ligne d'assistance nationale est ouverte au 0 806 807 807.

  • Étape 1 : identifier si votre logiciel actuel est une plateforme agréée ou une simple solution compatible à raccorder.
  • Étape 2 : vous inscrire dans l'annuaire national et tester la réception avant le 1er septembre 2026.
  • Étape 3 : reprendre vos modèles de factures pour intégrer les 4 nouvelles mentions avant votre échéance d'émission du 1er septembre 2027.

Notre avis

Pour une PME, la réforme se joue en deux temps. Au 1er septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée : c'est l'échéance à traiter en priorité, d'autant que les grandes entreprises et les ETI émettent dès cette date. Au 1er septembre 2027, vous devrez émettre vos propres factures au format électronique et transmettre vos données d'e-reporting. Le portail public n'étant plus une option d'échange depuis l'abandon de son offre en octobre 2024, le raccordement à une plateforme agréée est le seul chemin. Comptez environ 3 mois d'intégration, et retenez que les amendes se comptent par facture, dans la limite de 15 000 € par année civile. Données relevées au 27 août 2026.

Questions fréquentes

Ma PME doit-elle être prête en 2026 ou en 2027 ?
Les deux. Votre PME doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée au 1er septembre 2026. Elle doit émettre ses propres factures électroniques et transmettre ses données d'e-reporting à partir du 1er septembre 2027.
Puis-je continuer à envoyer mes factures en PDF par e-mail ?
Pas durablement. Une source relevée considère les PDF envoyés par e-mail non conformes pour les échanges entre entreprises à partir de septembre 2026, une autre fixe au 31 août 2027 la date limite d'envoi de PDF pour les PME, TPE et micro-entreprises, une troisième retient le 2 septembre 2027 comme fin d'acceptation du papier et du PDF. Les formats admis sont Factur-X, UBL et CII.
Suis-je concerné si je suis auto-entrepreneur en franchise en base de TVA ?
Oui. Un auto-entrepreneur en franchise en base de TVA est concerné par la réforme, en réception comme en émission, selon le calendrier des micro-entreprises. Il doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée dès le 1er septembre 2026, et émettre ses factures électroniques pour les opérations B2B concernées à partir du 1er septembre 2027.
Quelles sont les sanctions si je ne suis pas en règle ?
Les montants relevés varient selon les sources : 15 € ou 50 € par facture non conforme, et 250 € ou 500 € par transmission d'e-reporting manquante. Le plafond est de 15 000 € par année civile pour le défaut d'émission comme pour le défaut d'e-reporting. L'absence de plateforme agréée de réception est sanctionnée de 500 €, puis 1 000 € par période de 3 mois.
Le Portail public de facturation suffit-il pour être conforme ?
Non. L'État a abandonné son offre d'échange de factures en octobre 2024 : le Portail public de facturation n'est pas une alternative. Chaque entreprise doit choisir une plateforme agréée et s'y raccorder pour émettre et recevoir ses factures électroniques.
Mon logiciel de facturation actuel est-il suffisant ?
Cela dépend de son label. Une « Solution compatible - Facturation électronique » ne peut pas transmettre directement vos factures à l'administration ni agir comme intermédiaire officiel : elle doit être raccordée à une plateforme agréée. Seule une « Plateforme agréée - Facturation électronique », immatriculée par la DGFiP, assure l'émission, la transmission et la réception.
Combien coûte une plateforme agréée pour une TPE ?
Les tarifs relevés le 27 août 2026 vont de 0 € à 50 € pour les offres de plateformes, et de 10 € à 30 € pour les offres plus complètes. Certaines solutions de facturation électronique sont proposées à 0 €. Vérifiez la garantie de portabilité des données, fixée à 12 mois en cas de changement de plateforme.
Qu'est-ce que l'e-reporting et suis-je concerné si je vends aux particuliers ?
L'e-reporting est la transmission à l'administration fiscale des données de transactions B2C et internationales. Il suit le même calendrier que la facturation électronique, soit le 1er septembre 2027 pour les PME. Pour les micro-entreprises, des données de transaction sur les ventes aux particuliers pourront devoir être transmises à partir du 1er septembre 2027.
Le calendrier risque-t-il d'être encore reporté ?
Le calendrier de la réforme a déjà été reporté 3 fois depuis 2020. Toutefois, un amendement de report a été rejeté le 11 avril 2025 et les dates du 1er septembre 2026 et du 1er septembre 2027 sont confirmées. Le dispositif s'appuie sur l'article 91 de la loi de finances 2024 et le décret n°2024-266 du 25 mars 2024.
Mes factures au secteur public changent-elles aussi ?
Non, le circuit public reste le même. Chorus Pro demeure la plateforme de référence pour les factures destinées au secteur public. La réforme porte sur les transactions entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA.